Trouble du spectre de l’autisme et soins dentaires

Les gens atteints du trouble du spectre de l’autisme ne font pas exception à la règle en ce qui a trait aux soins buccodentaires. Comme tout le monde, une attention particulière est nécessaire lorsqu’il s’agit du brossage de dents ou du passage de la soie dentaire.

Toutefois, il a été démontré que les personnes atteintes d’un TSA sont plus à risques d’avoir une pathologie dentaire que les personnes neurotypiques. Elles seraient donc plus à même de développer des maladies en lien avec ces pathologies. Il est donc important de porter une attention particulière aux soins dentaires qui sont apportés aux personnes TSA et de s’assurer que leur expérience en cabinet se déroule le mieux possible.

Inconfort chez le dentiste

Les personnes TSA peuvent être plus sensibles aux perceptions sensorielles que les neurotypiques. De ce fait, il est possible que certaines d’entre elles ressentent un malaise face à certains éléments du cabinet dentaire comme la lampe dentaire, les différents bruits aigus et étrangers provenant des outils, la sensation de l’outil dans la bouche, le toucher, devoir garder la bouche ouverte, les textures, les goûts, la position allongée, etc. Ces situations ne sont pas partie intégrante de leur quotidien et peuvent les déstabiliser.

De plus, il ne faut pas oublier que les personnes TSA baignent souvent dans une routine dont ils ne dérogent pas ou très peu. Le fait de devoir se rendre chez le dentiste provoque une perturbation dans leur routine et peut causer de l’anxiété.

Bien sûr, il existe différents niveaux et types de TSA et la plupart des personnes atteintes peuvent être traitées en cabinet normal avec certaines attentions particulières: bouchons pour les oreilles ou écouteurs avec musique, lunettes fumées ou bandeaux oculaires, etc.

Quelles sont les autres causes pouvant accentuer le risque de pathologies dentaires?

Bien que la société en entier reconnaisse que les TSA nécessitent des soins particuliers dans plusieurs situations, il n’en demeure pas moins qu’aucune politique de prévention spécifique à leurs besoins n’a été mise sur pieds. Ce manque, combiné à la prise de médications, aux troubles alimentaires, à une hygiène orale pauvre ou encore à certaines caractéristiques individuelles, fait en sorte que le risque de développer une maladie liée à une pathologie dentaire se voit accentué.

En 2014, une recherche a été mise en place auprès de sept enfants atteints d’un trouble du spectre de l’autisme et de leurs parents. L’objectif était de développer un programme d’intervention éducative ainsi que des outils essentiels à son implantation afin de prévenir les problèmes de santé buccodentaire de ces enfants ainsi que de faciliter leur venue chez un professionnel dentaire.

Après quelque temps, quatre enfants sur sept ont réussi à rendre visite au dentiste. Toutefois, cela demeure un défi. La moitié des parents se sont fait proposer de recourir aux interventions sous anesthésie générale, afin de rendre la tâche plus facile. À la maison, les brossages représentent souvent un défi, tout comme la soie dentaire. Malgré tout, avec les ateliers de prévention et le soutien de professionnels afin d’aider l’intégration du brossage à la routine quotidienne, tous les parents ont remarqué une amélioration dans l’attitude de leurs enfants face aux soins dentaires.

Un des meilleurs moyen cependant est probablement de débuter les visites chez le dentiste tôt dans la vie de l’enfant, de ne jamais tenter de forcer la chose lorsqu’un rendez-vous semble inconfortable ou déstabilisant et de conserver la même équipe dentaire et les mêmes lieux de traitement, ce qui permettra à l’enfant de s’y reconnaître et de finir par développer une confiance.

Un site web est aussi disponible afin de faciliter l’intégration de saines habitudes buccodentaires chez les TSA. Un bel outil de référence à ne pas négliger!



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